SEILMAN BELLINSKY


Le mariage pouvait sembler, sinon contre-nature, du moins surprenant. Pas grand-chose en commun entre la pop délicate de Jonathan Seilman (This Melodramatic Sauna hier, Le Feu aujourd’hui) et le post hardcore sauvage de Rémy Bellin (ex-Goudron, Marée Noire).

Rejoints par Pierre-Antoine Parois (Papier Tigre, Room 204) et Anthony Fleury (Mange Ferraille), les Nantais sortent leur premier disque éponyme en 2014. Sur un tempo ralenti, les six morceaux, tous instrumentaux, déploient durant cinquante minutes un rock atmosphérique, répétitif et hautement cinématographique. Twin Peaks, Les Revenants, Top of the Lake : plus qu’à des groupes, on pense à ces séries qui se sont bâti une esthétique envoûtante. Des univers qui vous happent tout entier.

Parce qu’il y a quelque chose de profondément organique, à la fois naturel et inexorable, chez Seilman Bellinsky. Dans cette façon d’étirer les morceaux, de faire pousser chaque bourgeon de mélodie ou d’arrangement jusqu’à ce qu’il éclose. Dans cette manière de flotter dans un monde à part, à l’écart des modes et des contingences. Dans cette faculté à créer des ambiances hypnotisantes ; basse, batterie, guitares et clavier alternant, comme le cycle des saisons, moments de calme et de tempête.

Véritable groupe de scène, on les retrouve tout naturellement en 2017 et 2018 dans des contextes plutôt théâtraux; en duo avec Dionysus in 69 project et en quatuor avec Hybris de Vanille Fiaux & Manuel Garcie-Kilian.